J'ai suivi l'intervention du président Hollande dimanche soir. J'espère que ceux qui l'ont suivie n'avaient pas eue comme moi une journée chargée. Difficile à suivre le style oratoire du Monsieur, son phrasé haché me pose des problèmes d'attention.
Il devient alors tentant de rejeter la tâche inhérente au devoir d'écoute et de compréhension. A tête reposée, il faut bien admettre que le fond du discours n'est pas dénué de sens. J'ai revisionné la chose. Le plan est plutôt bien préparé et l'homme ne donne pas l'impression de se lamenter sur sa personne comme l'a fait son prédécesseur:
. Rappeler la mission (fixer le cap et le rythme)
. Rappeler l'axe de communication (effort partagé),
. Evoquer un cap préalablement défini (une société plus dynamique, plus humaine, plus harmonieuse)
. décrire la stratégie des moyens:
. à long terme: . contrôler la dette pour anticiper une hausse éventuelle des taux d'intérêt
et attirer les investissements étrangers
. dissuader les heures supplémentaires dans les grandes entreprises pour inciter à l'embauche.
. à moyen terme: mettre l'accent sur le développement de trois ministères
. l'école: je suis d'accord, le chantier est de taille
. la sécurité: je suis d'accord, les frustrations massives engendrées par la crise occasionnent un recrudescence de la délinquence
. la justice: compte tenu du rythme des procédures et de notre héritage en erreurs judiciaires, comment ne pas être d'accord
. à court terme: l'intervention pédagogique - des corrections ici sont peut-être souhaitables
L'intervention du président est mitigée. Elle n'est pas mauvaise à mon sens sur le fond, bien qu'elle puiss être considérée comme insuffisante.
Ce qui est sûr, c'est que cette intervention n'est pas bonne du tout sur la forme sauf respect.
1°) Le langage gestuel est surjoué: il parasite l'explication de fond.
2°) le ton haché rend le discours très difficile à suivre et nous sommes tentés de juger ce que nous ne comprenons pas.
Or, pour inspirer confiance, la forme du message compte pour plus de 80 %, le reste pour le fond.
IL Y A DONC UN VRAI PROBLEME de communication qui persiste.
Il est urgent que le Président puisse bénéficier d'un service de presse - internet qui ré-explique les choses avec des schémas dans une vidéo, qu'il embrasse la culture du journalisme pédagogique si ce n'est déjà fait, une vidéo consultable sur le site de la Présidence de la République.
les bémols:
. Je ne comprends pas pourquoi le président Hollande continue de considérer le mot "collaborateur" comme une insulte. Ce n'est une insulte que dans un contexte particulier. Il se discrédite en agissant de la sorte.
. La formation professionnelle et la préservation de l'environnement sont les grandes oubliées de cette présentation :
Il est dommage que l'action pour le
Ministère du travail et de la formation professionnelle n'ait pas été
mise en avant. De même aucune explication n'a été donnée sur le nouveau
"machin", le Ministère du redressement productif. En quoi consiste son
innovation ? Le discours avançant des mesures protectionnistes reste
flou.
Rien
non plus sur l'intention écologique qui pourrait se retrouver à moindre
coût dans une démarche de formation à l'écologie relationnelle. Quid
pour l'accompagnement à la diversification des talents, la
démultiplication des formations et stages de révision. . la fausse "grande idée": faire en sorte qu'un sénior transmette tout son savoir à un jeune est une utopie. Le savoir peut croître en s'appuyant à 50 % sur la transmission et la notion de partage. Les 50 autres % proviennent d'une volonté de conquérir ce savoir. Par ailleurs le fossé intergénérationnel ne peut que rendre très difficile cette tâche. Il est des choses que l'on peut susciter mais pas imposer. Il s'agit là du coeur du sujet. L'analyse de la situation paraît ici superficielle.
. A la base du subjectif pour s'en sortir:
L'abbé Pierre disait "Ce qui était impensable hier est réalisable aujourd'hui".
Le président lui-même a déclaré en substance récemment, il n' a pas été démontré qu'en faisant redescendre une demande par la voie hiérarchique les choses pouvaient se régler d'elles-même."
Puisque la crise que nous vivons est subjective, alors analysons ce plan causal. N'est-il pas possible compenser la subjectivité négative des meneurs par une subjectivité positive chez les suiveurs ? Comment ? La formation, toujours et encore avec enthousiasme, réenchanter le rêve français.
Encourager la polyvalence potentielle des salariés (une autre manière d'encourager la croissance sociale) avant d'encourager les entreprises à investir.
Tempérer toujours plus l'héritage du taylorisme qui ne convient peut-être plus aussi bien à notre société.
Une idée pour lutter contre les délocalisations: changer la méthode au lieu de déménager.
Surtout marteler le concept de la main invisible de Keynes.
ON N'APPREND JAMAIS POUR RIEN.
Conclusion :
Quelle que soit notre sensibilité, à partir du moment où l'action présidentielle témoigne d'une VISION cohérente au service de tous, bien que grossière à certains endroits: NOTRE DEVOIR EST DE CONTINUER A ESPERER
Les choses pourront peut-être se peaufiner avec le temps, ainsi qu'il le laisse entendre.
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