La question du nationalisme m'a été présentée il y plus de 15 ans alors que j'effectuais mon service militaire. On ne nous apprenait pas encore à différencier patriotisme et nationalisme. C'est avec le temps que j'ai appris. Le patriotisme est une occasion permanente de s'oublier quelque peu au service d'une cause plus grande que soi-même, une cause qui prend ses racines dans l'histoire d'un peuple cohérent, une nation. Ces causes sont multiples, la cause d'envergure nationale a longtemps été la plus fiable, la plus stable, la plus cohérente.
Aujourd'hui cette cause d'envergure nationale demeure la plus importante pour ces gens qu'on appelle des souverainistes. Les souverainistes ne sont pas systématiquement des arriérés. Le souverainisme est à la base un mode de réflexion intelligent qui consiste à ne pas couper une nation de son histoire, de ses racines. Il à son rôle à jouer dans l'adminsitration des affaires relatives à la Sécurité intérieure, à l'Education, la santé, la recherche en Ressources humaines. Concernant les politiques de développement économique et social, je suis pour y mettre un bémol. A l'ère du troisième millénnaire, ce qui était lointain et pratiquement inexistant est devenu proche et omniprésent: je parle du fonctionnement mondial de l'activité humaine, économique et sociale.
Alors que tous les être humains sont animés par un sentiment de justice, de récompense de l'effort, la valeur qui peut réunir le monde entier est sans nul doute le travail. Cette notion de travail est sans nul doute liée à celle de la transformation, du changement. Qui peut lutter contre le changement? A mon sens personne, nous sommes tous appelés à nous y adapter. Parfois nous sommes tentés de penser le contraire. A ces adeptes de la pensée bloquée les grandes religions ont proposé des dogmes. Elles inspirent les plus sages autant que les plus fanatiques, les plus déconnectés du monde réel. Personnellement j'ai un dogme, qui est le suivant.
"Exister pour un être conscient consiste à se changer, se mûrir, se compléter indéfiniment soi-même."
Bergson, Théorie de l'évolution créatrice. C'est en arrivant à accepter ce dogme que les hommes préseveront la société des plus grandes crises.
Dès lors, il nous est possible d'accepter la mondialisation sans trop se creuser la tête autrement. Par ailleurs, je trouve intéressant l'acharnement avec lequel François Mitterrand s'est mis à défendre la vision de la construction européenne et surtout l'anti-nationalisme. Cet attachement, sans doute sa plus grande réussite, pièce maîtresse dans son incroyable combat contre la maladie au service d'un continent, au service du monde....cet épisode est son meilleur avocat contre son impuissance à susciter une approche analytique sérieuse face au chômage.
Le front national dénonce une société anti-démocrate. Il n'a pas tort d'être ainsi pédagogique. En revanche, il prône le retour au cadre national de la réflexion politique et là il est rétrograde, complètement dépassé. Au mieux, il permet aux regards les moins pointus de trouver du plaisir à râler en groupe. C'est toujours ça de gagné à court terme, ça soulage les ours mal léchés. Néanmoins, la vocation du front national n'est pas d'arriver aux affaires, à moins de prolonger la régression du citoyen de la France d'en bas.
"Que ceux qui cherchent conbtinuent de chercher...."