vendredi 9 novembre 2012

Quelle école pour quelle société ?

Nous sommes tous plus ou moins  animés par le désir légitime de réussir notre vie tant il est vrai que les principales institutions et autres référents éducatifs nous encouragent dans ce sens:  l’école, les campagnes politiques de nos élus, nos parents, nos amis. Ce sens là ne présuppose-t-il pas au préalable  une construction sensée de la société? La société aurait-il un but essentiel? N’avez-vous pas vu côté cinéma le dernier Opus de la Saga des « Rocky »? C’est inscrit dans constitution des Etats-Unis. Le sens de la société, c’est « le droit pour chacun à la recherche du bonheur ». Quelqu’un à a dit, si  nous nous efforçons de faire le bien, c’est au moins pour donner un sens à la vie. Voilà un bien vaste programme qui n’est protégé en rien des malentendus et autres divergences plus ou moins conceptuelles.

Et pourtant, en cette soirée d’octobre 2012, nous étions une belle poignée de plusieurs dizaines à se regrouper à l’IUFM manceau pour réfléchir autour de ce bien vaillant questionnement: « quelle école pour quelle société ?  ».

N’est-ce pas là en effet le point de départ de toute forme de recherche du bonheur ?

L’école est le vaisseau universel qui permet à l’individu de se construire, se tracer un chemin et se donner le moyens le moment venu, de se faire le relai de l’existence humaine, assumant son rôle dans la chaîne de transmission.

Alors bien sûr, on aura pu suivre l’exposé assuré par ATD Quart monde ainsi que le semblant de débat qui s’en est suivi avec beaucoup d’intérêt. Il reste que tout aura été abordé de façon très technique, par des enseignants pour des enseignants. Ce n’était pas annoncé de la sorte dans la campagne de communication qui avait été faite autour de cette soirée. De surcroît, toute extrapolation d’envergure globale et humaniste a été retirée à cette soirée, le but de cette soirée, annonçait-on, n’étant pas de chercher à traiter la question de façon globale. Mais alors quelle était l’utilité d’une telle soirée lorsqu’on se situe en dehors du cadre enseignant? Observer le fonctionnement psychologique des enseignants devant le besoin de réforme. Je ne vois guère d’autre intérêt à ce phénomène « rencontre », et je vais dans un premier temps m’en contenter.

Arrive ensuite le moment où l’inspiration me saisit et m’amène à exprimer ma vision de l’école de la réussite de tous. « Quelle école pour quelle société?  ». Qu’il me soit permis de chercher à discourir efficacement sur le sujet.

Je veux d’abord rappeler ici tout ce que je dois à l’école: les savoirs fondamentaux d’une part mais aussi les formidables échanges enthousiastes  que j’ai pu avoir avec quelques professeurs et qui ont allumé en moi la flamme du bonheur d’apprendre, pour reprendre la formule chère à l’illustre journaliste François de Closet.

Car lorsque l’on a touché à ce bonheur là d’une part et que d’autre part l’on a compris que nos besoins de sécurité étaient liés à notre capacité de nous adapter aux changements du monde, comment ne pas œuvrer à la transmission de ces valeurs ?

L’abbé Pierre disait   « la culture représente un escabeau pour le défavorisé ». Toute la question devient alors : « comment faire pour amener les personnes les plus concernées à cette prise de conscience ? Quels modèles faut-il élaborer ? Quels arguments transitoires faut-il présenter et comment les enchaîner?   

Voici la clé de mon raisonnement. Le mode de réflexion des personnes qui veulent apporter de solutions ne fait-il pas partie du problème ?

Jacques Salomé, éminent psychologue reconnu dans le monde de l’entreprise a pour habitude de commencer ses conférences de la façon suivante: «  Nous sommes tous  des infirmes de la communication »  a-t-il l’habitude de dire.
Je crois pour ma part que nous sommes tous malencontreusement tentés de chercher à donner des exemples et des arguments alors que nous serions simplement plus utiles à rayonner de bonheur.

Dans son best-seller « comment se faire des amis », Dale Carnegie attire notre attention sur le fait que « ce  que l’on est parle plus haut que ce que l’on dit ». 
   
De son côté dans son livre « l’art du temps » Jean Louis Servan Schreiber nous enseigne que « l’ordre n’est pas le cloisonnement - c’est-à-dire l’appréhension non globale de la question - mais le dégagement des perspectives qui permettent de saisir l’ensemble. »

 N’est-il pas légitime dans ce cas de s’intéresser à ce que rayonnent les enseignants?  J’ai en mémoire les propos dans cet ancien surveillant de l’éducation Nationale qui me disait encore l’année dernière combien d’enseignants désabusés il avait pu rencontrer. Combien d’enseignants soporifiques n’ai-je pas rencontrés moi-même dans ma scolarité? Si l’enseignant ne croit pas à la réussite de l’élève, s’il est convainci que quoi que l’on fasse, la société va droit dans le mur, quel espoir de réussite peut-il insuffler?  Quelle ambition de changement  peut-il susciter ?

N’assiste-t-on pas aujourd’hui à des conférences sur le sujet de la réussite de l’école qui vous donnent le bourdon parce que les orateurs confondent la compassion active avec la pitié larmoyante?  Quels sont les garde-fous mis en place contre l’auto-flagellation mélancolique qui pourraient susciter plus d’intérêt dans le processus de changement sociétal ? Peu-on continuer dans la sphère-même de l’enseignement à confondre la notion de débat avec ce qui ne dépasse pas la succession de monologues plus ou moins audibles? Quel espoir peut-on accorder à une telle méthodologie ?   

Deux questions alors se dessinent conjointement:
.  1°) comment apprendre aux enseignants à rayonner de joie dans leur travail ? Une question chère à mon rôle de  clown Pipolo, un personnage que je serai ravi de voir entrer à l’école.
. 2°) Comment apprendre aux conférenciers à créer une dynamique de groupe vitalisant sur le sujet de l’école de la réussite pour tous? Une question chère à mon rôle d’animateur de soirées que je m’efforce de faire évoluer au fil des samedis.

Suis-je en position de proposer mes services pour répondre concrètement à ces deux questions ? Suis-je en face d’un groupe de personnes débarrassé de ses inhibitions contre-productives et qui serait disposé à m‘entendre? C’est là une question fondamentale pour la suite de mon investissement personnel sur la présente question.

Julien Cottereau est un artiste manceau remarqué. Il a reçu un Molière pour son spectacle de clown-mime.  Alors qu’il était encore un anonyme, il avait déclaré dans les années 90 à la télévision dans l’émission « Campus » animée par Guillaume Durand « pour réussir dans ce métier, il faut avoir la foi ». Il a appliqué ce conseil qui résonne encore en moi aujourd’hui. 

Mais de quelle foi faut-il parler lorsqu il s’agit du monde de l’enseignement ?

Personnellement, je crois entre autre à la foi des principes confucianistes qui sont beaucoup plus philosophiques que religieux et n’entament rien de l’esprit de la laïcité de notre école. Confucius place l’étude devant toute chose.
Et le goût de l’étude m’amène à poser le problème de la mondialisation de l’angoisser sociale sous forme d’équation.

L’école m’a enseigné de façon abusive que l’économie était une science qui ne répondait pas aux règles de l’équilibre chimique. Son équation est
Capital + Travail DONNE Capital.

Or, fort est de constater lorsqu’on s’est débarrassé des préjugés de l’éducation que ce précepte est une absurdité monumentale devant la question de l’être humain.

Il est tout à fait possible d’améliorer cette équation en la transcrivant de la façon suivante:

Capital + Travail + Culture  DONNE  Capital augmenté + Travail augmenté + Respect de l’environnement.

Cette équation est à mon sens l’impulsion culturelle fondamentale à grande échelle .

Anthony Robbins dans ses travaux sur le développement personnel nous rappelle que « là où il n’y a pas de vision, les gens périssent ».

En l‘occurence, on devrait dire ici: « là où il n’y a pas de vision universelle, les gens périssent. » quand l’équation fondamentale du capitalisme actuel est un encouragement à la loi de la jungle. Elle exacerbe la compétition en faisant abstraction de la loi morale universelle qui nous dit « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ». Je veux rejoindre ici l’idéal de l’illustre écrivain Aïvanov ou encore les propos d’un certain Jacques Chirac président alors,  lorsque ceux-ci  nous encouragent à travailler au développement de l’humanité toute entière.

La question devient alors: « Comment exploiter ce début de solution, cette équation ? »

L’école de commerce m’a appris que la culture était un facteur de développement économique, que le premier capital de l’entreprise est le capital humain. Le développement de la Culture appartient aux devoirs des comités d’entreprise et de l’école.

En conséquence, le rôle d’un lobby qui affiche haut et fort son intention de tempérer les ardeurs en matière de compétition n’est-il pas d’inflitrer ces deux types d’institution et de favoriser la diffusion de cette vision alter-mondialiste ?

Telle est ma conviction. 

Dans l’attente d’une réponse formelle des institutions concernées, je me tiens à la disposition de la Ligue de l’enseignement et de ATD Quart monde pour intervenir dans cette perspective de développement pour un monde nouveau.

David Bonnetier, animateur-artiste de spectacle  



Note adressée à :

Ligue de l’enseignement, antenne sarthoise, Le Mans

ATD quart Monde, antenne régionale de Rennes

Blog: «  rflexion-citoyenne.blogspot.com. »

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