Sans trop m'étendre sur le contenu des sujets qui ont été abordés au cours de cette journée, force est de reconnaître que par delà le sport cérébral qui relève de la réflexion économique et sociale, une journée de rentrée telle que celle que nous a proposé Debout la République est une journée humainement enrichissante.
Dans le brouhahas du "casino" politique, c'est au sein de telles journées que peuvent se faire "les jeux".
L'ampleur et le sérieux de la tâche nous amènent ici à nous rapprocher des fondamentaux du mouvement.
1. Le souverainisme et sa raison d'être.
Le souverainisme est l'attachement à sa Terre natale et à son histoire. Il ne s'agit pas nécessairement de véhiculer un mode de fonctionnement traditionnel, il s'agit de comprendre que pour tricoter le bonheur, il ne faut pas tirer trop fort sur le fil et avec l'euro, c'est pourtant ce qui s'est passé.
Le souverainisme, c'est la conviction absolue qu'une nation qui refuse de se laisser engluer dans une crise d'identité, ne peut se permettre de renoncer à son autonomie monétaire. La crise d'identité est cette conséquence du consumérisme et du libre échange qui fait de nous des individus plus ou moins dénués de cette conscience collective qui demeure bel et bien essentielle à la gestion harmonieuse des relations économiques et sociales.
Le souverainisme, c'est l'intégrité dans la vie de la cité, la passion d'une grande idée au service de l'intérêt général qui dépasse nécessairelent l'addition des intérêts particulier.
2. la vie d'un parti.
La vie d'un parti est nécessairement rythmée par les élections. Il ne s'agit pas systématiquement de partir pour l'exaltation, l'exacerbation des potentielles ambitions personnelles, le rêve individuel d'accéder à un poste électif. Il s'agit de donner à son outil, le parti, les meilleures chances de subsister, grandir, et au final SERVIR son idéal fondamental.
Si l'objectif ultime du parti est de "sauver" le pays, des paradoxes peuvent surgir. Vivifier la vision souverainiste peut se faire au détriment d'une convergence électoral. "Et après", dira-t-on. Il faut ici entendre quelque chose du genre "le combat du long terme est à ce prix. Gardons à l'esprit que si tout est entreprise, la politique est l'exception qui altère la règle: il n'y aurait pas de moyen terme en politique."
On peut aussi considérer que l'élection présidentielle est inévitablement une navigation selon la famille politique qui nous porte d'une part, et l'incarnation d'une espérance qui rassemble. L'exclusion dans la lettre ne signifie pas nécessairement l'exclusion dans l'esprit.
3. la persévérance des pédagogues
La ligne "ni système, ni extrêmes" a le mérite de poser un cadre dans le désert.
Le refus du système, c'est d'abord le refus de la suffisance de principe. C'est ce que François Fillon, du reste, vient d'évoquer lorsqu'il reconnaît s'être trompé en ayant cherché à faire avancer les choses par ajustements successifs.
Le refus de l'extrême, c'est le refus de la colère dévastatrice, le refus de la partialité de principe, qui consiste à casser beaucoup d'oeufs pour ne faire qu'une petite omelette.
Comment réagir alors face à une personne qui nous affirme sur un ton plus qu'accusatoire : je ne crois plus à la politique, je ne vote plus et votre candidat s'il semble bon aujourd'hui, sera mauvais demain...
...ne plus croire en la politique, c'est ne plus croire en l'homme, et d'une certaine manière, c'est aussi ne plus croire en la vie...il est bon de croire d'abord en soi avant de vouloir croire en les autres.
Puisque l'objectif ultime est la salut du pays, dans ce genre de situation, ce n'est pas au vote qu'il convient d'inviter en premier mais à la vie associative et aux transformations personnelles qu'elle peut susciter. Face aux enjeux complexes et à la taille des défis qu'ils imposent en matière de pédagogie, c'est sur le terrain de la confiance et de la relation à long terme qu'un tel mouvement se donnera les meilleures chances d'avancer.
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