lundi 21 juillet 2014

Elysée 2014

L'épouvantail mollasson du gouvernement est parti, un homme passionné et passionnant malgré ses erreurs a été désigné

Dans ce contexte, le président Hollande a souhaité s'adresser aux Français. C'est déjà ça, le président Sarkozy avait supprimé cette tradition. Erreur gravissime. Nous pouvons au moins êtres certains d'une bonne chose accomplie par François Hollande: il a préservé un minimum de stabilité dans sa relation à la population française. 

Que la cote de popularité du président soit haute ou basse n'est pas le plus important. Le plus important c'est qu'elle soit stable et que si elle évolue, qu'elle évolue doucement. C'est ainsi qu'on peut se donner une chance de bien comprendre le rapport de confiance.


Il est désormais difficile de douter du fait que tous les français ne savent plus où ils en sont, et que du coup nous avons un président qui, sur ce point, sait parfaitement se fondre dans la masse. Bravo à la présidence normale !

Ce qui est bien avec cette présidence, c'est que l'on n'a pas besoin de suivre l'actualité politique de près pour savoir ce qu'il convient d'écrire pour appeler à une amélioration.

(ne nous privons pas d'humour).

Plus sérieusement, hors mis le ressentiment qui m'anime au regard de certaines mesures catastrophiques, un certain pragmatisme m'amène à préciser ici ce que j'attends du président de la République...en effet, je n'ai pas le sentiment, en ce qui me concerne, et malgré le marasme économique environnant, d'être totalement perdu.  Le président nous demande de préserver notre confiance en nous-mêmes, allons y:

Lettre ouverte à François Hollande
Président de la République


" Monsieur le Président,

J'ai suivi avec beaucoup d'attention votre intervention télévisée du 14 juillet. Permettez-moi tout d'abord de vous remercier de cette attention, qui ne fut pas toujours accordée aux Français au cours de ces dernières années.

Avec votre permission, je souhaite attirer votre attention sur ce que je considère comme quelques écueils:

. alors que l'une des tâches essentielles inhérente à votre fonction consiste à communiquer, faire partager une vision porteuse qui n'exclue personne, vous n'avez toujours pas formulé le fait que l'Europe en général et la France en particulier, sont appelées à se transformer pour devenir un formidable et grand bureau dans l'économie mondialisée.  

L'idée de réduire la dette pour se faire entendre dans le monde est de qualité très relative dans le sens où un homme qui ne sait se faire entendre à l'intérieur des frontières éprouvera des difficultés pour se faire entendre sur le terrain international.

En conséquence je voudrais ici vous inviter, Monsieur le Président à méditer sur le CAP qu'il convient de formuler de façon récurrente jusqu'à la ligne d'arrivée: le grand bureau du monde, qui saura donner toute la consistance souhaitée à votre souhait, Monsieur le Président (continuer à faire  considérer la France comme un grand pays et préserver l'ESPERANCE nationale).

Effectivement, dans un univers culturel et social très dense, c'est en permettant une phase massive d'acculturation et de prise de conscience que les rigidités du droit social pourront s'éroder d'elles-mêmes et permettre à notre population de continuer à accompagner le développement de l'industrie mondialisée, depuis l'intérieur de nos frontières. 

. au-delà de la vision fédératrice, j'ai pu noter, Monsieur le Président un manque de vigilance dans l'emploi du vocabulaire:
je n'ai pas eu l'occasion de noter l'insistance que j'attendais sur les mots-clés que sont:
l'innovation, la créativité, l'espérance nationale, la cohésion, la croissance culturelle (ou croissance des savoirs-faire), la transparence (ou la franchise), le goût de l'effort et du risque, identification et conquête des marchés latents ou marchés porteurs de demain, dynamique mondiale, sens de l'action, lutte contre la souffrance au travail...

. une négligence: l'appel aux alliances nouvelles: 
Notre pays subit des habitudes qui sont aujourd'hui vidées de leurs sens premiers. Le meilleur moyen de concilier les forces de gauche et de droite est d'agir avec passion. Les personnes les plus habilitées à jouer de conciliation, d'entente et de rassemblement sont les plus passionnées, en bref les artistes.

Les artistes responsables, dotés d'une implacable force de saine curiosité humaniste et de volonté de création, sont l'interface humaine entre la hiérarchie économique et la masse salariale. Ils ont inévitablement un rôle à jouer qui permettrait à l'industrie française de se dépasser sans porter  atteinte une fois de plus à l'identité culturelle du pays.

C'est en valorisant l'action que l'on suscite l'espérance, l'action et la création de richesses. 

L'Etat français semble posséder un sens réduit du mot "effort" qu'il assimile au principe de l'impôt, direct ou indirect. C'est pour cela que l'Etat a besoin d'un président....pour redonner une âme, une conscience, au geste politique. Il appartient au président de trouver un chemin que personne ne peut lui enseigner. 

Personnellement, je pense que rien n'arrive par hasard. Si la fonction ne parvient pas à transcender l'homme, il arrive tôt ou tard le moment où cela peut se produire dans l'intérêt de tous.

Je suis persuadé que nous avons un président disposé à employer le vocabulaire des leaders et non celui des piètres prophètes, à désigner comme premier ennemi la crise d'identité...un président désireux pour cela de s'appuyer sur les postulats suivants: 
. la crise d'identité ralentit l'esprit d'initiative et de réforme
. il en découle une inadaptation du pays tout en renforçant la crise d'identité (cercle vicieux).
. la société est nécessairement fondée sur la notion de commerce "commerce n'est pas un gros mot"
. la capacité de l'homme à instaurer de nouveaux commerces est infinie
. ce n'est pas le pays qui est en crise, ce sont les individus
. notre réussite collective réside plus dans notre capacité à espérer que dans des données chiffrées inédites dans la négative.
. l'objectif de la France est d'apprendre à mieux combiner savoir-faires et volontés.

Je vous invite Monsieur le Président à prendre connaissance du blog zoomecoloir.blogspot.fr, un témoignage de notre culture politique et associative, vécu et exprimé depuis la base.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, à l'expression de mes salutations distinguées."

DB



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